Mythologie personnelle/Personal mythology

Ma peinture parle de ma vie : elle serait aussi en quelque sorte une autobiographie. Ce qui m’arrive, ce que je ressens, mes rencontres, font le tissu de mes créations.

Je raconte de façon personnelle des évènements souvent universels : un deuil, une séparation, tomber amoureuse… Chacun ou chacune peut s’y retrouver, y voir une allusion, un ressenti, une émotion qui le concerne.

J’essaye de ne pas verser dans le pathétique. Je préfère donner une vision positive de la vie, de ses joies et de ses malheurs, une légèreté qui permette de supporter et de dépasser les épreuves.
J’utilise le concept du profondément léger, la profondeur de la matière, de la terre, du corps, des sentiments, de la douleur et la légèreté de l’air, de la séduction, de la parure, du bonheur.
Pour moi qui crée, qui raconte et qui montre, il y a bien sûr une dimension libératrice, cathartique, mais elle ne doit pas être étalage.

Le spectateur doit pouvoir y sentir, et même pouvoir y puiser une force de vie.
Je travaille avec des matières et des matériaux de toutes sortes (papiers, tissus, coquillages, rubans, os …), des couleurs( acrylique, pastels.), des signes plastiques plus ou moins figuratifs, qui peuvent devenir des symboles.

Et ces symboles peuvent devenir source de mythes. Voilà peut-être une manière d’envisager le rôle de l’artiste : « hisser l’ordinaire au rang de l’universel », faire que sa propre histoire devienne une mythologie.

La mythologie étant à comprendre comme une forme de récit de l’histoire des hommes… et même plutôt des femmes. Car ce que je montre est de l’ordre du féminin. Je veux défendre la liberté des femmes, si difficilement conquise et encore si fragile. Donner à voir la féminité à la façon d’une femme, de l’intérieur, avec force, violence mais aussi douceur et volupté. Et sortir de cette fragilité que la société se fait un devoir de « protéger ».

Une quête de son identité, pas si facile à entreprendre dans notre monde, particulièrement pour une femme artiste. Une quête d’individualité en rapport aux autres : différences et ressemblances, mais aussi appartenance à un groupe humain.

Là je prends et je défends des positions parfois visibles.

Si ma peinture n’est pas ostensiblement militante, elle n’est pas neutre.

Je défends la liberté des femmes et des humains contre la nouvelle barbarie qui nous désagrège, nous oppresse et nous manipule.

Si mes créations sont aussi prises comme antidotes, ce sera très bien.
My painting speaks of my life: in a way it is an autobiography. Events that happen to me, feelings I have, people I meet, become the tissue of my creation.
 I tell the story, from a personal point of view, about events which are often universal: a bereavement, a separation, love… Each and every one of us can recognize, can see an allusion, a feeling, an emotion which we know.

 I try to avoid pathos. I prefer to give a positive view of life, of the joys and the sadness, a lightness which can help to bear and overcome the hardships we face.

 I use the concept of profoundly light, the depth of the materials, of the earth, of the body, of feelings and of pain and the lightness of air, seduction, adornments and happiness.

For myself who creates, tells and shows, there is clearly a liberating, cathartic dimension but this must not be paraded…

 The spectator must be able to feel and even to extract a life force from my work.

I work with all kinds of matter and materials (papers, tissues, shells, ribbons, bones,…) and different colours (acrylic, pastels), plastic signs, more or less figurative, which can become symbols.

And these symbols can become a source for myths. Maybe this can be a way of seeing the role of the artist “to turn the everyday into the universal”, to transform one’s own personal story into mythology.

Here, mythology is to be understood as a form of story of the history of mankind… and rather of womankind because what I show and what I feel is feminine in nature. I stand to defend this freedom for women which has been difficult to obtain and which is still fragile. Showing femininity from a woman’s point of view, from inside. Femininity with a life force but also a certain fragility, not the femininity that society is committed to protect.

 A search for my own identity, a difficult task in our world, particularly for a woman artist. A search for individuality but in relationship to others: differences and similarities, but also belonging to the same human group.

Here I make and defend a standpoint which becomes visible.

If my painting is not ostensibly militant, it isn’t neutral.

I defend women and humanity against the new barbarity which disintegrates us, which oppresses us and which manipulates us.

 If my creations can be taken as antidotes, they will have served a purpose.